Projet Urisanze
22 octobre 2026Partenaire financier : PEPFAR / USAID
Zone d’intervention : Les 13 anciennes provinces du Burundi
Statut : Projet clôturé en 2025.
Au Burundi, les les femmes les plus exposées au VIH figurent parmi les populations les plus exposées au VIH en raison de multiples facteurs : vulnérabilité socio-économique, mobilité élevée, stigmatisation, violences basées sur le genre et accès limité aux services de santé adaptés. Ces obstacles compromettent le dépistage précoce, la prévention, l’accès au traitement antirétroviral ainsi que le maintien dans les soins.
Face à ces défis, la SWAA-Burundi, avec l’appui de PEPFAR/USAID, a mis en œuvre depuis 2022 le Projet Urisanze dans les 13 anciennes provinces du Burundi afin de renforcer une réponse communautaire intégrée, inclusive et durable en faveur des travailleuses du sexe et de leurs populations prioritaires associées.
Grâce à une approche centrée sur les communautés, le projet a rapproché les services de prévention, de dépistage, de traitement et d’accompagnement psychosocial des bénéficiaires, tout en renforçant les capacités du système de santé et des acteurs communautaires.
Objectif global
Contribuer à la réduction durable des nouvelles infections au VIH en améliorant l’accès des travailleuses du sexe et de leurs populations prioritaires associées à des services complets de prévention, de dépistage, de traitement et de suivi, en vue de l’atteinte des objectifs mondiaux 95-95-95 de l’ONUSIDA.
Le projet s’est appuyé sur un vaste réseau de 308 sites partenaires, dont 234 soutenus par le PEPFAR, ainsi que 4 Drop-In Centers dédiés aux populations clés à Bujumbura, Gitega, Ngozi et Kirundo.
Notre impact
Le Projet Urisanze a contribué de manière significative au renforcement de la lutte contre le VIH auprès des populations clés au Burundi.
- Amélioration de l’accès au traitement : Grâce à un accompagnement communautaire de proximité :
- 4 772 personnes étaient maintenues sous traitement antirétroviral, représentant 95 % de l’objectif annuel ;
- 89 % des bénéficiaires ont eu accès au test de charge virale, permettant un meilleur suivi thérapeutique et une suppression virale optimale.
Cette performance témoigne de l’efficacité du modèle d’accompagnement développé par la SWAA-Burundi pour favoriser l’observance thérapeutique et limiter les interruptions de traitement.
- Une innovation numérique au service de la santé
Le projet a introduit une approche digitale innovante permettant aux bénéficiaires d’accéder aux services de manière confidentielle via la plateforme QuickRes.
En 2024 :
- 673 travailleuses du sexe ont réalisé leur dépistage VIH grâce à cette plateforme ;
- 472 bénéficiaires ont été initiées à la PrEP à Bujumbura Mairie et Gitega.
Cette innovation a renforcé l’accès aux services de prévention pour des populations parfois difficiles à atteindre par les approches traditionnelles.
- Renforcement des capacités communautaires
Le projet a investi durablement dans les ressources humaines communautaires en :
- Formant 76 Mères Mentors pour accompagner les services de Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) ;
- Renforçant les compétences des prestataires et des pairs éducateurs sur les auto-tests VIH, la détection communautaire de la tuberculose et des IST ainsi que la prise en charge des violences basées sur le genre.
- Une réponse communautaire durable
Au-delà des résultats chiffrés, le projet Urisanze a permis de rapprocher les services de santé des populations les plus vulnérables, renforcer la confiance entre les communautés et les structures sanitaires, améliorer la continuité des soins malgré la forte mobilité des travailleuses du sexe et promouvoir des approches innovantes, inclusives et centrées sur les besoins des bénéficiaires.
Le projet a ainsi constitué une contribution majeure aux efforts nationaux visant à mettre fin à l’épidémie du VIH au Burundi, en démontrant que des interventions communautaires adaptées peuvent produire des résultats concrets et durables.
Résumé des grandes réalisations
Le Projet Urisanze s’inscrivait dans une vision globale de renforcement de la prévention et de la prise en charge du VIH, à travers la sensibilisation communautaire, le dépistage, le traitement antirétroviral et la prophylaxie pré-exposition (PrEP). D’une durée d’environ deux ans et quatre mois, le projet a déployé des interventions ciblées auprès des travailleuses du sexe, population clé dans la lutte contre le VIH.
Au total, 89 199 travailleuses du sexe ont été sensibilisées par le biais de la pair-éducation. Parmi elles, 55 180 ont bénéficié d’un dépistage du VIH, dont 1 793 ont été dépistées séropositives, correspondant à un taux de positivité de 3 %. Sur ces personnes dépistées positives, 1 792 ont été mises sous traitement antirétroviral, traduisant une liaison au traitement de 99 %, un indicateur de performance remarquable.
Concernant la file active de 4 808 travailleuses du sexe sous traitement, 3 983 ont bénéficié de la mesure de la charge virale, et 3 937 présentaient une charge virale indétectable. Ces résultats témoignent d’un accès à la charge virale de 91 % et d’une suppression virale de 99 %, illustrant l’efficacité du suivi thérapeutique et la qualité des soins dispensés.
Pour les travailleuses du sexe dont les résultats de dépistage sont négatifs, le projet ne s’est pas limité à la prévention primaire : une offre systématique de PrEP leur a été proposée afin de réduire le risque d’infection future. Les résultats se présentent comme suit :
- Proposées à la PrEP : 19 932
- Mises sous PrEP : 7 322
- PrEP continue : 1 137
Le taux d’initiation (36,9 %) et de maintien (environ 15 %) révèlent que l’adhésion à la PrEP demeure un défi majeur. Il apparaît nécessaire de renforcer la sensibilisation, l’accompagnement et le suivi des bénéficiaires afin d’améliorer la continuité et l’efficacité de cette stratégie préventive.



