
Après l'obtention de son diplôme universitaire, Bayumvire Gustave Floribert, comme beaucoup de jeunes Burundais, espérait décrocher un emploi dans la fonction publique. Malgré plusieurs démarches, aucune opportunité ne s'est présentée. Pendant plusieurs mois, il s'est retrouvé sans emploi, avec le sentiment que son avenir était incertain.
Tout a changé lorsqu'il a participé aux formations en entrepreneuriat organisées dans le cadre du programme Solutions SSR – Tubakarorero. Les sessions consacrées à l'élaboration d'un plan d'affaires, au développement d'un plan d'action et à l'esprit entrepreneurial lui ont permis de transformer sa façon de voir les choses.
« Cette formation m'a fait comprendre que je pouvais créer mon propre emploi au lieu d'attendre qu'on m'en donne un. J'ai appris à structurer mon projet et à croire en mes capacités. »
Fort de ces nouvelles compétences, Gustave a revu son projet entrepreneurial et l'a soumis à nouveau au PAEEJ. Cette fois, son projet de production de pommes de terre a été retenu et financé.
Grâce à cet appui, il a cultivé un champ de 62 ares et réalisé, dès sa première campagne agricole, une récolte d'environ 5 tonnes de pommes de terre. Les revenus générés lui ont permis de lancer un second projet : la construction d'étangs destinés à l'élevage et à la commercialisation de poissons, une activité qu'il développe progressivement.
Au-delà de son propre parcours, son initiative bénéficie également à sa communauté. En développant ses activités, il emploie ponctuellement d'autres jeunes de sa localité, démontrant que l'entrepreneuriat peut devenir une véritable source d'opportunités économiques.
« Aujourd'hui, je ne cherche plus seulement un emploi : j'en crée. Mon ambition est de développer mes activités et d'encourager d'autres jeunes à croire qu'ils peuvent réussir grâce à leurs propres initiatives. »
L'expérience de Gustave illustre le changement de mentalité encouragé par le programme Solutions SSR – Tubakarorero. En renforçant les compétences entrepreneuriales des jeunes et en les accompagnant dans la conception de projets viables, le programme contribue à leur autonomisation économique tout en réduisant les facteurs de vulnérabilité qui peuvent les exposer aux comportements à risque.
Son parcours est aujourd'hui une source d'inspiration pour de nombreux jeunes de la province de Mwaro qui choisissent, eux aussi, de transformer leurs idées en opportunités et de devenir acteurs de leur propre développement.

Pendant de nombreuses années, Léonie et son mari Pascal partageaient une conviction profondément ancrée dans leur communauté : le nombre d'enfants dépend uniquement de la volonté de Dieu et il n'appartient pas aux couples d'en discuter. Les grossesses se succédaient sans véritable espacement, mettant à rude épreuve la santé de Léonie, les ressources du ménage et l'harmonie familiale.
« Nous pensions que la planification familiale était contraire à nos croyances. Les grossesses arrivaient les unes après les autres et nous n'en parlions jamais. Avec le temps, les difficultés financières augmentaient et ma santé se détériorait. », raconte Léonie.
Le changement est intervenu lorsque Léonie a commencé à participer aux séances de sensibilisation organisées dans son groupe d'épargne communautaire (VSLA) dans le cadre du programme Solutions SSR – Tubakarorero. À travers les échanges avec les animateurs communautaires, les témoignages d'autres femmes et les visites à domicile réalisées par les piliers communautaires, elle a progressivement découvert les bénéfices de la santé sexuelle et reproductive et de la planification familiale.
Convaincue, elle a souhaité en discuter avec son mari. Les premières réactions ont été difficiles : Pascal rejetait catégoriquement l'idée, estimant que les méthodes contraceptives étaient contraires à leurs valeurs. Grâce au dialogue engagé avec les agents communautaires du projet, il a accepté de s'informer davantage avant de prendre une décision.
Aujourd'hui, le couple utilise volontairement une méthode de planification familiale et prend ensemble les décisions concernant leur santé reproductive.
« Les sensibilisations nous ont permis de comprendre que planifier les naissances protège la santé de la mère, améliore le bien-être de la famille et réduit les conflits au sein du foyer. Nous vivons désormais dans un climat de compréhension et de respect mutuel. »
L'histoire de Léonie et Pascal illustre le changement progressif observé dans plusieurs ménages de la colline Kivumu, où de plus en plus de couples dialoguent ouvertement sur la santé sexuelle et reproductive, recherchent ensemble des informations fiables et accèdent aux services de planification familiale.
En favorisant le dialogue au sein des ménages et en impliquant les hommes dans les décisions relatives à la santé reproductive, le programme contribue à réduire les grossesses non planifiées, à prévenir les violences basées sur le genre et à renforcer le bien-être des familles.
Dans de nombreuses collines d'intervention, parler de santé sexuelle et reproductive entre parents et enfants était considéré comme un sujet tabou. Les jeunes cherchaient souvent des réponses auprès de leurs pairs ou sur les réseaux sociaux, où circulaient de nombreuses informations erronées.
Grâce aux séances de sensibilisation organisées par les jeunes volontaires, les piliers communautaires et les groupes d'épargne (VSLA), les familles ont progressivement changé leurs habitudes. Les parents ont appris à dialoguer avec leurs enfants sur les questions liées à la santé reproductive, tandis que les jeunes ont acquis des connaissances leur permettant de faire des choix responsables.
Les leaders religieux se sont également engagés à diffuser des messages favorables à la santé reproductive et à référer les fidèles vers les formations sanitaires lorsque cela s'avérait nécessaire. Les centres de jeunes, auparavant peu fréquentés, sont devenus des espaces dynamiques où les adolescents échangent sur leur avenir, développent leurs projets entrepreneuriaux et accèdent à des informations fiables.
Aujourd'hui, les communautés témoignent d'une meilleure compréhension de la planification familiale, d'une réduction des grossesses précoces et d'une participation accrue des jeunes aux initiatives économiques locales. Ce changement démontre qu'en impliquant toute la communauté, il est possible de transformer durablement les comportements et d'offrir aux jeunes de meilleures perspectives d'avenir.
Originaire de la colline Mubavu, en commune Bweru, Nkeshimana Anatole témoigne du changement profond qu'a apporté le Centre Jeunes dans sa vie.
Avant de fréquenter le centre, il passait beaucoup de temps dans les ligalas, un environnement qui favorisise souvent la consommation de drogues, l'oisiveté et les comportements sexuels à risque. Grâce aux formations et aux activités proposées, il a découvert de nouvelles perspectives et appris la fabrication du pain.
« Aujourd'hui, je possède ma propre boulangerie. Les habitants de ma communauté apprécient la qualité de mon pain et viennent régulièrement s'y approvisionner. Les compétences acquises au Centre Jeunes ont changé ma vie et m'ont permis de devenir autonome. »
Son parcours démontre que l'accès à des compétences pratiques, combiné à un accompagnement adapté, peut ouvrir la voie à l'entrepreneuriat et à l'autonomisation des jeunes.
La SWAA-Burundi est une ASBL, branche de la SWAA International, une des associations pionnière engagées dans la lutte contre le Sida au Burundi. Actuellement, plus de 150 membres bénévoles sont actifs. Agréée le 14/11/ 1992 par l’ordonnance ministérielle n°205.01/5/8 du 14 Novembre 1992
Bujumbura-Burundi
